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PRISMA · Institutions · Algérie

La justice constitue un pouvoir indépendant. L’organisation juridictionnelle algérienne repose sur deux ordres — judiciaire ordinaire et administratif — reliés par le Tribunal des conflits et encadrés par des garanties constitutionnelles relatives à l’indépendance du juge, au droit à la défense et à l’accès au juge.

Cette fiche distingue le pouvoir judiciaire, les juridictions, le Conseil supérieur de la magistrature et l’administration du secteur par le ministère de la Justice. Ces niveaux ont des fonctions différentes.

Constitution · art. 163–183Organisation judiciaire · loi organique n° 22-10Vérification · 19/09/2026

Principes constitutionnels

Indépendance, légalité, égalité et accès au juge

La Constitution qualifie la justice de pouvoir indépendant et affirme que le juge n’obéit qu’à la loi. Elle pose également les principes de légalité et d’égalité, l’accessibilité de la justice à tous et la garantie du double degré de juridiction selon les conditions prévues par la loi.

Art. 163

Indépendance du juge

La justice est un pouvoir indépendant ; le juge est indépendant et n’obéit qu’à la loi.

Art. 164–165

Protection des droits

La justice protège la société, les libertés et les droits des citoyens. Elle est fondée sur les principes de légalité et d’égalité et doit être accessible à tous.

Art. 169

Motivation et publicité

Les décisions et ordonnances de justice doivent être motivées ; les décisions sont prononcées en audience publique.

Art. 175–177

Droit à la défense

Le droit à la défense est reconnu et garanti en matière pénale. Tout justiciable peut faire valoir ses droits devant les juridictions et être assisté par un avocat durant la procédure.

Organisation juridictionnelle

Deux ordres de juridiction, deux juridictions suprêmes

L’ordre judiciaire ordinaire regroupe les tribunaux, les cours et la Cour suprême. L’ordre administratif comprend les tribunaux administratifs, les tribunaux administratifs d’appel et le Conseil d’État. Le Tribunal des conflits règle les conflits de compétence entre les deux ordres.

Ordre judiciaire ordinaire

Tribunaux · Cours · Cour suprême

Le tribunal constitue la juridiction du premier degré ; la cour est notamment juridiction d’appel. La Cour suprême contrôle la bonne application de la loi et régule l’activité des cours et tribunaux.

Organisation officielle ↗

Ordre administratif

Tribunaux administratifs · Appel · Conseil d’État

Les tribunaux administratifs connaissent notamment des litiges mettant en cause l’État, les collectivités ou certaines personnes publiques. Les tribunaux administratifs d’appel et le Conseil d’État structurent les degrés supérieurs de cet ordre.

Organisation officielle ↗

Conflits de compétence

Tribunal des conflits

Il tranche les conflits de compétence entre les juridictions relevant de l’ordre judiciaire ordinaire et celles relevant de l’ordre administratif.

Fiche officielle ↗

Article 179 : la Cour suprême et le Conseil d’État assurent l’unification de la jurisprudence à travers le pays et veillent au respect de la loi, chacun dans son ordre.
Parcours contentieux

Comprendre les voies de recours sans confondre appel et cassation

Le type de recours dépend de la juridiction, de la matière et de la décision rendue. Le double degré permet, dans les conditions prévues par la loi, qu’une affaire soit réexaminée par une juridiction supérieure. Le pourvoi en cassation contrôle principalement la correcte application du droit.

01Première instanceTribunal ou tribunal administratif selon la nature du litige.
02AppelCour ou tribunal administratif d’appel lorsque la loi ouvre cette voie de recours.
03Juridiction suprêmeCour suprême pour l’ordre judiciaire ; Conseil d’État pour l’ordre administratif, selon leurs compétences.
04ExécutionLes organes compétents de l’État sont tenus d’assurer l’exécution des décisions de justice.
Attention : toutes les décisions ne suivent pas exactement le même circuit. La recevabilité, les délais, les effets du recours et la juridiction compétente dépendent du code de procédure et du contentieux concerné.
Magistrature

Le Conseil supérieur de la magistrature et les garanties d’indépendance

La Constitution confie au Conseil supérieur de la magistrature la garantie de l’indépendance de la justice. Il intervient notamment dans la carrière, les nominations, les mutations et la discipline des magistrats selon les conditions fixées par la loi.

Article 172

Inamovibilité et protection du juge du siège

Le juge du siège est inamovible, sous réserve des conditions légales prévues. Les mesures affectant sa carrière ou sa discipline sont entourées de garanties et de décisions motivées.

Articles 180–181

Conseil supérieur de la magistrature

Le CSM garantit l’indépendance de la justice et intervient dans la gestion de la carrière et la discipline des magistrats. Sa composition associe magistrats élus et autres membres prévus par la Constitution.

Article 173

Indépendance, impartialité, réserve

Le juge doit respecter ses devoirs d’indépendance et d’impartialité et est soumis à une obligation de réserve ainsi qu’aux règles de responsabilité professionnelle.

Justiciable & accès au droit

Accéder à la justice, être défendu et obtenir l’exécution d’une décision

La relation du citoyen à la justice ne se limite pas au procès. Elle inclut l’accès à l’information, l’assistance d’un avocat, l’assistance judiciaire pour les personnes remplissant les conditions prévues, les recours et l’exécution des décisions.

Défense

Assistance par un avocat

La Constitution reconnaît le droit à la défense et permet au justiciable de se faire assister par un avocat durant toute la procédure judiciaire.

Assistance judiciaire

Accès pour les personnes sans ressources suffisantes

Le dispositif d’assistance judiciaire permet, sous conditions, de bénéficier d’une prise en charge ou d’exonérations liées aux frais nécessaires à l’exercice des droits en justice.

Conditions officielles ↗

Services

Documents et démarches judiciaires

Le ministère de la Justice met à disposition des guides et services relatifs aux tribunaux, cours, certificats de non-recours, assistance judiciaire et autres démarches des justiciables.

Guide des services ↗

Distinction institutionnelle : le ministère de la Justice administre le secteur, les moyens et des services aux justiciables. Il ne doit pas être confondu avec les juridictions qui rendent les décisions de justice.
Lecture PRISMA

Séparer le droit applicable, l’organisation judiciaire et l’analyse de son fonctionnement

Une fiche institutionnelle doit distinguer ce que prévoient les textes de l’analyse de l’indépendance effective, des délais, de l’accès réel au juge ou des pratiques professionnelles. Ces dimensions doivent être documentées séparément avec leurs sources, périodes et méthodes.

Principe éditorial : le cadre juridique présenté ici ne constitue ni une appréciation de la qualité de la justice ni une évaluation politique de son fonctionnement. Les constats empiriques doivent être traités dans des dossiers et indicateurs sourcés.
Sources officielles

Textes et ressources de référence

La fiche repose en priorité sur la Constitution, la loi organique relative à l’organisation judiciaire et les ressources institutionnelles du ministère de la Justice.

Constitution du 1er novembre 2020Articles 163 à 183 : justice, droits du justiciable, juridictions suprêmes et Conseil supérieur de la magistrature.

PDF officiel ↗

Loi organique n° 22-10 du 9 juin 2022Cadre général de l’organisation judiciaire et architecture des juridictions.

JORADP ↗

Ordre judiciaire ordinaireTribunaux, cours, Cour suprême, compétences et organisation.

Ministère ↗

Ordre judiciaire administratifTribunaux administratifs, tribunaux administratifs d’appel et Conseil d’État.

Ministère ↗

Méthode : date de vérification de cette fiche : 19 septembre 2026. Les réformes de procédure, de carte judiciaire ou d’organisation des juridictions doivent être intégrées à partir des textes en vigueur et non d’anciennes présentations institutionnelles.
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