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PRISMA · ARCHIVES DOCUMENTAIRES · ALGÉRIE 2019

Archives du mouvement populaire / Hirak

Un dossier documentaire consacré aux mobilisations ouvertes en février 2019 : chronologie, slogans, contributions, propositions de transition, prises de position institutionnelles, personnes détenues dans le contexte des manifestations, photographies et vidéos.

Cote : PRISMA-ARCH-HIRAK2019Période principale : février–décembre 2019Prolongements : 2020–2021Version éditoriale : 19 septembre 2026
Manifestation du mouvement populaire en Algérie en 2019
NOTICE ARCHIVISTIQUE

Archiver un mouvement pluraliste sans lui inventer une voix unique

Le « Hirak » — littéralement « mouvement » — n’a pas constitué une organisation dotée d’une direction unique, d’un programme officiel unique ou d’une représentation incontestée. PRISMA traite donc ses slogans, textes, appels, marches, contributions et propositions comme un corpus pluriel, en distinguant ce qui relève des manifestants, des institutions, des partis, des chercheurs et des organisations de défense des droits.

PériodeLe dossier se concentre sur 2019, de l’opposition au cinquième mandat jusqu’à l’élection présidentielle du 12 décembre, puis documente les prolongements de la mobilisation.
ObjetComprendre simultanément la mobilisation sociale, la séquence constitutionnelle, le rôle de l’armée, les débats sur la transition et les formes de production politique et culturelle du mouvement.
Principe de neutralitéLes termes « régime », « système », « détenu d’opinion », « répression », « transition démocratique » ou « État civil » sont contextualisés et, lorsqu’ils expriment une qualification normative ou contestée, attribués aux acteurs ou aux sources qui les emploient.
IntégritéLes documents d’époque sont conservés comme sources. Une contribution militante, un discours officiel et une étude académique ne sont pas placés au même niveau de preuve.
COMPRENDRE LE MOUVEMENT

Du refus du cinquième mandat à une contestation plus large du système politique

Les mobilisations nationales du 22 février 2019 s’opposent d’abord à la candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat. Au fil des semaines, les revendications s’élargissent : une partie importante des manifestants réclame un changement plus profond des règles de gouvernement, une transition politique, davantage d’indépendance de la justice et la limitation du rôle politique des acteurs non élus.

Une mobilisation régulière

Les marches du vendredi deviennent le principal rythme de mobilisation, complétées notamment par des manifestations étudiantes le mardi. Cette régularité produit une occupation durable de l’espace public.

Les sources convergent sur le caractère national et récurrent des marches, mais les estimations de participation varient fortement.

« Silmiya »

La non-violence revendiquée par les manifestants devient l’un des marqueurs publics du mouvement. Les chercheurs et observateurs ont souligné l’importance de cette discipline collective.

Carnegie et Brookings décrivent largement le mouvement de 2019 comme pacifique.

Une organisation diffuse

Le Hirak ne dispose pas d’un centre de commandement unique. Cette horizontalité facilite une large participation, mais complique aussi la production d’une feuille de route commune et d’une représentation négociatrice.

Cette tension entre pluralité et capacité de négociation est une question centrale dans la littérature sur le Hirak.
Repère. PRISMA évite de parler du Hirak comme s’il s’agissait d’un parti. Le mouvement réunit des sensibilités politiques, idéologiques, sociales et générationnelles diverses ; les slogans et propositions de transition ne sont pas nécessairement partagés par tous les participants.
CHRONOLOGIE · 2019

Les principaux jalons de la séquence politique

10 février

Abdelaziz Bouteflika annonce sa candidature à un cinquième mandat. Cette perspective devient le principal déclencheur immédiat de la mobilisation nationale.

22 février

Des manifestations ont lieu dans de nombreuses villes du pays. Cette date devient le repère fondateur du mouvement populaire de 2019.

11 mars

Bouteflika annonce qu’il ne briguera pas un cinquième mandat et que l’élection présidentielle prévue le 18 avril est reportée. Les manifestations se poursuivent.

13 mars

Le Conseil constitutionnel constate que le traitement des candidatures pour l’élection du 18 avril devient sans objet après l’annulation du scrutin.

26 mars

Le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah appelle publiquement à l’application de l’article 102 de la Constitution relatif à l’empêchement du président.

2 avril

Abdelaziz Bouteflika démissionne de la présidence de la République après vingt années au pouvoir.

9 avril

Abdelkader Bensalah devient chef de l’État par intérim conformément au mécanisme constitutionnel alors en vigueur. Le Hirak continue de contester la feuille de route institutionnelle.

été 2019

Les débats se concentrent sur les conditions d’une présidentielle, la transition, le rôle de l’armée et les garanties institutionnelles. L’élection prévue en juillet ne peut se tenir.

15 septembre

Le corps électoral est convoqué pour une présidentielle fixée au 12 décembre 2019.

12 décembre

Élection présidentielle. Le Conseil constitutionnel proclame Abdelmadjid Tebboune élu avec 58,13 % des suffrages exprimés ; le taux global de participation officiel est de 39,88 %.

→ Ouvrir la chronologie détaillée conservée dans PRISMA

SLOGANS · REVENDICATIONS · LANGAGES POLITIQUES

Ce que les rues de 2019 ont exprimé

Les slogans constituent des sources historiques : ils montrent des priorités, des frustrations et des imaginaires politiques, mais ils ne sont pas un programme officiel du Hirak. Leur sens doit être replacé dans la date et le lieu où ils apparaissent.

Refus du cinquième mandatPremier point de convergence : opposition à une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika.
« Yetnahaw gaâ »Formule devenue emblématique d’une demande de renouvellement plus large des responsables et mécanismes du système politique.
État civilLe slogan « Dawla madania, machi askaria » exprime chez ses utilisateurs la volonté d’un ordre politique où les institutions civiles élues priment sur l’intervention politique de l’armée.
Justice & corruptionLes appels à l’indépendance de la justice, à la reddition de comptes et à la lutte contre la corruption occupent une place importante dans la mobilisation.
Méthode PRISMA. Un slogan indique qu’une idée a circulé publiquement ; il ne permet pas, seul, de mesurer combien de personnes la soutenaient ni avec quelle définition précise.
CORPUS · SLOGANS · 2019

Semaine après semaine : les slogans du Hirak

PRISMA documente désormais les mots d’ordre relevés dans les vendredis citoyens et les mardis étudiants de 2019. Chaque occurrence est reliée à une date, un lieu, une langue, un thème et une source de presse consultable. Les semaines insuffisamment documentées restent visibles comme lacunes plutôt que d’être reconstituées artificiellement.

43

Journées sourcées

Vendredis et mardis pour lesquels une formulation ou un ensemble de thèmes est documenté dans le corpus V1.

90

Rendez-vous suivis

45 vendredis et 45 mardis entre le 22 février et le 31 décembre 2019, y compris les dates encore à documenter.

45

Sources et références

Archives de presse de la période et travaux académiques utilisés pour contrôler et contextualiser les occurrences.

Méthode. La présence d’un slogan dans une source prouve sa circulation à une date et dans un lieu donnés ; elle ne mesure ni son audience réelle ni l’adhésion de l’ensemble des manifestants.
22 février – 11 mars

Refus du cinquième mandat

Le vocabulaire initial est dominé par le rejet du cinquième mandat, la dignité citoyenne, la pacifisation et l’idée d’un réveil politique.

12 mars – 2 avril

Du mandat au système

Après l’annonce du 11 mars, le répertoire se déplace vers le refus de la prolongation, la transition et l’idée que le problème dépasse la seule candidature présidentielle.

avril – juin

Continuité institutionnelle, transition et Etat civil

Les mots d’ordre ciblent les figures de continuité, les échéances électorales, les références constitutionnelles, la justice et le rapport entre civil et militaire.

juillet – septembre

Dialogue, souveraineté populaire et détenus

Les thèmes du dialogue et de ses conditions, de la souveraineté populaire, des libertés, des détenus et de l’unité nationale deviennent très visibles dans les sources.

octobre – décembre

Election présidentielle, détenus et mémoire nationale

Le rejet des conditions de l’élection, la justice, la liberté de la presse, les détenus et les références à Novembre, Abane ou Ali La Pointe structurent une part importante du répertoire documenté.

INSTITUTIONS · ARMÉE · TRANSITION

Une crise de succession devenue crise de légitimité politique

Après le 22 février, deux logiques évoluent en parallèle : la mobilisation de rue demande une transformation politique, tandis que les institutions de l’État cherchent une issue conforme ou rattachée au cadre constitutionnel. L’armée, par la voix du chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, devient un acteur public central de cette séquence.

Présidence

Le renoncement au cinquième mandat le 11 mars ne met pas fin aux manifestations. Le report de l’élection et la perspective d’une transition conduite par les autorités en place sont contestés dans les marches.

Armée

L’appel du chef d’état-major à l’article 102 précède la démission de Bouteflika. Après celle-ci, Ahmed Gaïd Salah prend fréquemment position publiquement sur le calendrier politique et l’élection présidentielle.

Les chercheurs divergent sur la manière de qualifier précisément le poids de l’institution militaire ; PRISMA décrit ici les interventions publiques documentées.

Cadre constitutionnel

La présidence intérimaire d’Abdelkader Bensalah et la préparation de l’élection du 12 décembre suivent les mécanismes institutionnels de l’époque. Une partie importante des manifestants conteste cependant cette feuille de route et réclame des garanties ou une transition différentes.

39,88 %

Participation officielle

Taux global de participation proclamé par le Conseil constitutionnel pour l’élection présidentielle du 12 décembre 2019.

58,13 %

Résultat officiel

Part des suffrages exprimés attribuée à Abdelmadjid Tebboune dans la proclamation définitive du Conseil constitutionnel.

24,46 M

Électeurs inscrits

Nombre total d’électeurs inscrits dans la proclamation définitive de 2019, résidents à l’étranger inclus.

→ Comprendre le rôle institutionnel et pratique des centres de pouvoir en Algérie

LIBERTÉS PUBLIQUES · JUSTICE · DÉTENTIONS

Documenter les arrestations sans effacer le statut juridique des personnes

La page historique PRISMA emploie l’intitulé « détenus d’opinion ». Pour une archive rigoureuse, chaque cas doit distinguer la date d’arrestation, les faits reprochés, la qualification pénale, la décision judiciaire, la source et l’éventuelle qualification de « prisonnier d’opinion » ou d’arrestation arbitraire par une organisation de défense des droits.

Sources de défense des droits

Amnesty International et Human Rights Watch ont documenté en 2019 des arrestations, poursuites et condamnations liées aux manifestations, notamment avant l’élection présidentielle. Ces qualifications sont celles de ces organisations et doivent être attribuées comme telles.

Corpus PRISMA

Le sous-dossier historique consacré aux personnes détenues est conservé. Sa prochaine mise à niveau devra relier chaque fiche aux décisions judiciaires et sources disponibles, plutôt que conserver une liste sans état procédural.

→ Accéder au corpus des détentions

CORPUS DOCUMENTAIRE PRISMA

Explorer les archives du mouvement populaire

Les anciennes rubriques sont conservées mais réorganisées comme des sous-corpus clairement identifiés. Tous les liens ci-dessous utilisent désormais le domaine actuel de PRISMA.

Chronologie 2019Événements au jour le jour et séquence politique du mouvement.Ouvrir →
DétentionsNotices historiques relatives aux arrestations et procédures dans le contexte du mouvement.Ouvrir →
Contributions individuellesArticles, tribunes et propositions publiés par des intellectuels, universitaires et acteurs du débat public.Ouvrir →
Contributions collectivesAppels, communiqués et textes produits par des collectifs et organisations.Ouvrir →
Feuilles de routePropositions de transition et scénarios de sortie de crise formulés pendant la séquence 2019.Ouvrir →
Lettres de BouteflikaMessages et lettres présidentielles conservés pour documenter la réponse du pouvoir exécutif.Ouvrir →
Discours de Gaïd SalahPrises de parole publiques du chef d’état-major durant la crise politique de 2019.Ouvrir →
Photos & vidéosCorpus iconographique et audiovisuel des manifestations, classé notamment par période.Ouvrir →
PROLONGEMENTS · MÉMOIRE

Ce que 2019 change — et ce que l’archive ne doit pas simplifier

Retour de la rue comme acteur

Le mouvement remet les manifestations de masse au centre de la vie politique nationale et ouvre une période de débat public intense sur les institutions, la citoyenneté et les formes de transition.

Interruption sanitaire

Les marches hebdomadaires sont suspendues en 2020 dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Des mobilisations reprennent en 2021, dans un contexte politique et judiciaire différent.

Des interprétations concurrentes

Les chercheurs ne s’accordent pas sur le bilan du Hirak : certains insistent sur ses transformations politiques et symboliques ; d’autres sur l’absence de changement institutionnel à la hauteur des revendications initiales. PRISMA conserve ces lectures comme analyses, non comme verdict.

Travail de mémoire. Une archive du Hirak doit préserver ce qui a été dit, montré et proposé en 2019 tout en permettant de distinguer les faits institutionnels, les revendications des manifestants, les discours du pouvoir et les analyses postérieures.
SOURCES · MÉTHODE · CONSERVATION

Sources croisées et statut des documents

Conseil constitutionnel — archives 2019. Décisions relatives au scrutin initialement prévu le 18 avril et à la séquence électorale de 2019.
Proclamation définitive de l’élection présidentielle du 12 décembre 2019. Résultats, participation et proclamation du président élu.
Brookings — Algeria’s Uprising. Enquête et analyse des attitudes de manifestants, non-manifestants et personnels militaires ; échantillon en ligne à lire avec ses limites méthodologiques.
Carnegie — Dalia Ghanem, 2020. Analyse du caractère pacifique, horizontal et politiquement hétérogène du mouvement et de ses difficultés de traduction institutionnelle.
Amnesty International — Hirak sous surveillance. Documentation sur les arrestations et restrictions aux libertés en 2019 ; les qualifications juridiques et normatives restent attribuées à Amnesty.
Human Rights Watch — décembre 2019. Documentation sur des arrestations, poursuites et condamnations dans le contexte des manifestations.
Corpus PRISMA 2019. Chronologies, tribunes, appels, feuilles de route, discours, lettres, photographies et vidéos conservés sur le site depuis les premières versions du dossier.
Règle archivistique. PRISMA ne transforme pas une tribune ou un slogan en fait établi. Chaque document doit être daté, attribué, relié à sa source d’origine lorsque possible et conservé sans effacer les désaccords entre acteurs.
Citation recommandéePRISMA, « Archives du mouvement populaire / Hirak — 2019 », édition documentaire, version du 19 septembre 2026, prisma-institut.org.
DroitsLes droits attachés aux photographies, vidéos, articles et documents d’origine restent ceux de leurs auteurs, médias, institutions ou ayants droit. PRISMA revendique uniquement son travail de structuration, documentation et conservation.
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