Part des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation
Part des jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation est suivi par PRISMA comme un indicateur de la famille « Jeunesse & travail ». La fiche distingue la mesure statistique, sa trajectoire historique et son interprétation dans le contexte algérien.
Pourquoi cet indicateur compte
Comment cet indicateur s’inscrit-il dans les transformations de long terme de la société algérienne ?
Voir l’historique, pas seulement la dernière valeur
Analyse et mise en contexte
Entre 2005 et 2025, la série disponible indique une baisse de l’indicateur, de 29.29 à 19.7. L’écart représente environ 32,7 % par rapport au point de départ de la série. Cette trajectoire doit être croisée avec les autres indicateurs de « Jeunesse & travail » et avec les univers auxquels elle contribue. PRISMA distingue ici constat statistique, concomitance et causalité.
Croiser cette trajectoire avec les indicateurs liés et les ruptures méthodologiques.
À retenir
En 2025, environ 19,7 % des jeunes Algériens de 15 à 24 ans sont estimés ni en emploi, ni en études, ni en formation — les « NEET ». Cela représente près d’un jeune sur cinq. La série modélisée de l’OIT indique toutefois une amélioration de long terme : le taux est passé de 29,3 % en 2005 à 19,7 % en 2025, soit une baisse d’environ 9,6 points.
Ce que mesure le taux NEET
L’indicateur rapporte à l’ensemble des jeunes de 15 à 24 ans ceux qui ne sont ni en emploi, ni inscrits dans un parcours d’éducation, ni engagés dans une formation. Il couvre donc une population plus large que les seuls chômeurs : certains jeunes NEET recherchent activement un emploi, d’autres sont hors de la population active. C’est précisément cette double dimension qui rend l’indicateur utile pour analyser les difficultés de transition entre école, formation et travail.
Une amélioration réelle mais lente
La série harmonisée évolue de 29,3 % en 2005 à 24,5 % en 2010, 21,5 % en 2013, 21,2 % en 2015 et 20,1 % en 2019. Elle remonte temporairement à 20,9 % en 2020, puis diminue de nouveau pour atteindre 19,7 % en 2025. La trajectoire suggère donc une réduction structurelle du phénomène, mais sans disparition du noyau de jeunes durablement éloignés des trois espaces d’insertion que sont l’emploi, l’éducation et la formation.
Un écart de genre majeur
La moyenne nationale masque une différence très importante entre les sexes. En 2025, les estimations modélisées de l’OIT situent le taux NEET à environ 30,2 % chez les jeunes femmes, contre 9,6 % chez les jeunes hommes. L’écart dépasse 20 points. Il doit être lu avec les différences de participation au marché du travail, les trajectoires scolaires, les responsabilités familiales, l’accès à la mobilité et les conditions d’entrée dans l’emploi.
Le repère national de l’ONS
L’enquête emploi de l’ONS de septembre 2018 publie un indicateur voisin, présenté comme la part des jeunes de 15 à 24 ans « ni dans l’emploi ni scolarisés (NEET) ». Il atteint 28,3 % au total, 35,8 % chez les jeunes femmes et 21,3 % chez les jeunes hommes. PRISMA ne fusionne pas cette observation avec la série modélisée OIT : la formulation, la couverture de la formation, le dispositif d’enquête et la méthode d’estimation peuvent différer. Cette divergence constitue elle-même un point méthodologique à documenter.
NEET ne signifie pas chômage des jeunes
Le chômage des jeunes ne concerne que les jeunes sans emploi qui sont disponibles et recherchent activement un travail. Le taux NEET inclut en plus les jeunes hors du marché du travail qui ne sont ni en études ni en formation. Deux territoires peuvent donc afficher un chômage des jeunes comparable tout en ayant des taux NEET très différents. Pour comprendre le phénomène, il faut distinguer les jeunes chômeurs, les jeunes découragés, les sorties précoces du système éducatif et les jeunes inactifs pour raisons familiales, de santé ou autres.
Une question de transition entre école et travail
Le taux NEET renseigne sur les difficultés de passage entre formation initiale et insertion professionnelle. Orientation insuffisante, décrochage scolaire, inadéquation entre qualifications et emplois proposés, faibles perspectives d’embauche, informalité, éloignement géographique des opportunités ou services publics d’emploi insuffisamment ciblés peuvent contribuer au phénomène. Le taux seul ne permet toutefois pas d’attribuer un poids causal à chacun de ces facteurs.
Le profilage national engagé en 2026
En mai 2026, l’OIT a présenté avec le ministère du Travail, l’ONS et l’ANEM un premier profilage statistique approfondi des jeunes NEET en Algérie. Le travail croise les enquêtes nationales sur l’emploi et les données administratives de l’ANEM afin de mieux distinguer les profils de jeunes et d’adapter les dispositifs d’accompagnement. Cette évolution est importante pour PRISMA : elle doit permettre, à terme, de dépasser le seul taux global pour analyser les parcours, les durées d’éloignement et les besoins d’accompagnement.
Position en Afrique du Nord
Dans les estimations modélisées OIT pour 2025, l’Algérie se situe autour de 19,7 %, contre 22,9 % en Tunisie, 24,8 % en Égypte, 30,5 % en Libye, 32,6 % au Maroc et 36,7 % en Mauritanie. Ces comparaisons permettent de situer un ordre de grandeur régional, mais elles ne doivent pas être interprétées comme un classement de performance : la structure démographique, l’éducation, l’informalité et les conventions statistiques diffèrent entre pays.
Ce qu’il faut suivre au-delà du taux global
Une politique de réduction des NEET doit être évaluée à travers plusieurs dimensions : sexe, âge détaillé, niveau d’études, diplôme, territoire, durée depuis la sortie du système scolaire, expérience professionnelle antérieure et inscription ou non auprès des services de l’emploi. Il faut également distinguer les sorties rapides et transitoires de l’éducation ou de l’emploi des situations d’éloignement durable.
Enjeux de politique publique
L’indicateur renvoie directement à l’orientation scolaire et professionnelle, à la formation professionnelle, à l’apprentissage, aux services publics de l’emploi, à la création d’emplois d’entrée de carrière et à l’accompagnement des jeunes les plus éloignés du marché du travail. L’enjeu est moins de traiter les NEET comme un groupe homogène que de construire des parcours différenciés selon leur situation réelle.
Limites méthodologiques
La série principale utilisée par PRISMA est l’estimation modélisée OIT pour les 15-24 ans diffusée par la Banque mondiale. Elle offre une trajectoire annuelle cohérente de 2005 à 2025. Les observations nationales issues des enquêtes ONS ne doivent pas être raccordées mécaniquement à cette série. Les définitions de la scolarisation et de la formation, la couverture de l’emploi informel, la période de référence et les procédures de modélisation peuvent modifier sensiblement le niveau mesuré.
Sources de référence
- OIT / Banque mondiale — SL.UEM.NEET.ME.ZS : part des jeunes de 15 à 24 ans ni en emploi, ni en études, ni en formation, estimation modélisée OIT, série 2005-2025.
- ONS Algérie — Activité, emploi & chômage, septembre 2018 : indicateurs du marché du travail des jeunes et ventilation par sexe.
- ILOSTAT — définition et méthodologie internationale de l’indicateur NEET.
- OIT Algérie — profilage statistique des jeunes NEET présenté en mai 2026 avec le MTESS, l’ONS et l’ANEM.
À lire avec
Cette fiche doit être croisée avec le taux d’activité des jeunes, le taux de chômage des jeunes, la durée moyenne de recherche d’emploi et la part de l’emploi informel. Ensemble, ces indicateurs permettent de distinguer participation, chômage, qualité de l’insertion et éloignement durable du marché du travail.
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Traçabilité de la donnée
Source, unité, fréquence et ruptures méthodologiques doivent être vérifiées avant interprétation.